Secours Populaire: l’été des bénévoles bordelaises


Mathieu Presseq / Aqui.fr
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Publication PUBLIÉ LE 31/07/2014 PAR Mathieu Presseq

En ce moment, les bénévoles du Secours populaire distribuent aux personnes dans le besoin des colis de dépannage en biens alimentaires, pour les aider à tenir l’été. Concrètement, les gens qui viennent à l’antenne ne choisissent pas leurs marchandises, contrairement au reste de l’année.

Un manque de bénévoles et de marchandises« En période normale, en dehors des vacances scolaires, ils choisissent leurs produits et ont davantage l’impression de faire leurs courses. Mais vu qu’on est obligées de fonctionner avec moins de bénévoles, les colis de dépannage, c’est beaucoup plus vite fait », explique Andrée, 67 ans, qui distribue de la nourriture à l’antenne bordelaise. Mais ces colis de dépannage sont également dus à un manque de marchandises. « Les rentrées de marchandises se font en septembre donc nous sommes en fin d’année. Beaucoup d’associations sont fermées l’été, et l’Etat a diminué les quotas pour les associations donc on a de plus en plus de gens et de moins en moins de marchandises », regrette-t-elle. Heureusement, l’association peut compter sur le soutien de Carrefour, qui lui cède ses produits en fin de date. Toutefois, cela ne suffit pas. « Le reste de l’année, on fait des collectes dans les magasins car ça nous apporte un peu de marchandises. Mais cela demande beaucoup de bénévoles et l’été, on n’en a pas assez pour le faire ».

Même si Andrée concède qu’elle reçoit moins de personnes à l’antenne l’été et que les journées y sont relativement calmes. Les quantités distribuées sont établies en fonction des besoins de la personne ou de la famille. C’est la bénévole responsable de l’accueil qui se charge de les évaluer en établissant des dossiers. « Nous avons plusieurs bureaux pour recevoir les personnes individuellement. Ces personnes nous parlent de leur situation. Nous échangeons pendant vingt minutes, parfois trente, selon les personnes », raconte Joëlle, 75 ans, en charge de l’accueil à l’antenne bordelaise. En fonction de la taille de la famille, un nombre de points est attribué, donnant droit à une certaine quantité de produits. « Il y a un quota donc on ne peut pas leur faire tout choisir. Devant chaque produit, il y a marqué le nombre de points sur la fiche qu’on leur distribue. Par exemple, une famille de cinq personnes va avoir droit à 35 points. Certaines choses sont gratuites comme le pain et le lait », précise Andrée.

Un échange sur le plan humainL’accueillante doit aussi prendre en compte les habitudes alimentaires des personnes. « Certaines personnes ne mangent pas de viande ou de porc. Il y a aussi des gens à la rue qui ne peuvent rien faire cuire donc il faut en tenir compte ». La fréquence de distribution des aliments varie, elle, en fonction de la situation de la personne. « Les gens en appartement vont venir tous les mois mais ceux qui sont dans la rue ou en squat, qui ne peuvent rien stocker et qui ont tout sur leur dos toute la journée, passent toutes les trois semaines ». Mais les bénévoles du Secours populaire jouent aussi le rôle de soutien moral auprès des nécessiteux. « On échange sur leurs difficultés, parce que ça leur fait du bien d’en parler. C’est un échange sur le plan humain donc c’est à double-sens : on donne mais on reçoit aussi. Et puis nous rencontrons des gens qui viennent de tellement de pays différents donc c’est aussi pour nous une façon de voyager », confie Joëlle. Elle est bénévole dans cette antenne depuis quatorze ans. « Le Secours populaire correspond bien à mes engagements dans la vie. Quand j’étais en activité, j’y allais moins souvent. Aujourd’hui, je viens une après-midi par semaine à l’antenne et une autre après-midi à la fédération pour recevoir les futurs bénévoles ».

« On n’est pas en prison »Andrée, elle, y distribue de la nourriture depuis sept ans, c’est-à-dire depuis son départ à la retraite. « Du temps où je travaillais, j’avais toujours dit que je le ferai. J’étais allée voir le Secours catholique mais ça m’inspirait moins. Comme son nom l’indique, le Secours populaire est une association vraiment populaire. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être un peu utile ». Mais Andrée l’assure, elle gère son emploi du temps selon son gré. « On a le droit de s’absenter à condition de les prévenir. Je viens deux après-midis par semaine mais uniquement parce que je le veux bien et que ça ne me dérange pas. On n’est pas en prison », plaisante-t-elle. Reste à convaincre les plus jeunes, encore peu nombreuses. « Nous en avons quelques-unes mais elles sont à la recherche d’un travail donc elles ont peu de temps libre à donner pour l’association ».

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