L’association Sauvons l’Europe veut remettre les jeunes au centre des politiques publiques


Sauvons l'Europe
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 3 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 11/05/2011 PAR Estelle Maussion

Plusieurs tables rondes sous le chapiteau en bois de l’Espace fraternité à Aubervilliers en proche banlieue parisienne. Une cinquantaine de jeunes gens se passent le micro sur des sujets aussi divers que l’immigration, la dette ou l’éducation, dans une ambiance très détendue. Le débat se déroule lundi 9 mai 2011, date de la journée de l’Europe. Une soirée modeste donc mais tout en symbole. Elle consiste pour l’association Sauvons l’Europe à lancer sa pétition « Qui va payer ? »qui plaide pour la création d’une eurotaxe Erasmus afin de financer des politiques publiques destinées aux jeunes.
Le constat du mouvement associatif créé en 2005 après le référendum sur la constitution européenne est simple : les jeunes sont les oubliés des politiques nationales comme européennes. Même tendance à multiplier les stages en fin d’études, même parcours du combattant pour trouver un premier emploi et même difficulté à atteindre l’autonomie financière dans l’ensemble des pays européens. Le taux de chômage moyen des jeunes y atteint d’ailleurs 10%. Pour Sauvons l’Europe, il est temps d’agir spécifiquement pour ce public fragile, né dans les années 1980 et souvent appelé la génération sacrifiée après celle, dorée, des baby-boomers.


Pour une taxe Tobin européenne
« Or nous ne pourrons financer ces actions qu’au niveau européen car nous n’avons plus de marge de manœuvre au niveau national », affirme Fabien Chevalier, président de l’association depuis 2008. Devant le grand nombre de taxes et d’impôts déjà prélevés dans chaque pays, il explique qu’il reste un moyen de récupérer de l’argent au niveau européen : il faut ponctionner les acteurs qui échappent actuellement aux taxations existantes, à savoir les grandes entreprises. Une proposition qui reviendrait à mettre en place une taxe Tobin – du nom du prélèvement sur les transactions financières internationales proposé par l’économiste américain James Tobin – au niveau européen.
« Mais nous n’écartons pas l’idée de mettre à contribution les citoyens les plus riches de chaque pays, sachant que nous voulons faire réfléchir plus largement sur la place et l’action de l’Europe », ajoute Fabien Chevalier, fonctionnaire de 28 ans. La pétition pose ainsi quatre questions en donnant à chaque fois plusieurs possibilités de réponse : après avoir demandé « que faut-il taxer ? », elle propose le patrimoine des européens, les opérations financières, les nouveaux services digitaux télécoms, les biens et services importés, la consommation (TVA) et/ou les épargnants ; à l’interrogation « à quel niveau l’argent doit-il être dépensé ? », elle avance le local, le national et/ou l’européen.


Objectif un million de signatures
L’ambition est de recueillir un million de signatures d’ici 2012 pour pouvoir faire valoir cette « initiative citoyenne européenne » devant la Commission de Bruxelles et l’obliger à étudier la mise œuvre d’une telle taxe. Une possibilité, qui ressemble au référendum d’initiative populaire en France, introduite par le Traité de Lisbonne au niveau européen à compter de l’année prochaine. Conscient du défi à relever, Fabien Chevalier insiste avant tout sur la volonté de lancer un débat au sein du pays, qui plus est pendant la campagne présidentielle. Soulignant que l’association est suivie par près de 6 500 personnes et qu’elle est très présente sur les réseaux sociaux, il compte sur une mobilisation conséquente.
Jacques Salvator, maire PS d’Aubervilliers et adhérent de l’association depuis sa création, se félicite que des jeunes agissent pour redorer l’image de l’Europe et la rendre plus proche des habitants. « Historiquement l’Europe avance toujours par à-coups, cette initiative peut participer de ce mouvement vers l’avant, défend-il. Elle vient aussi dire haut et fort une réalité trop souvent oubliée, le fait que l’UE finance beaucoup de choses du quotidien, comme l’aménagement des berges du canal ou certains espaces verts dans la ville, sans que personne ne le dise. »
Photo :Sauvons l’Europe – Tous droits réservés


Estelle Maussion

Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
On en parle ! À lire ! POLITIQUE > Nos derniers articles