Emmanuelle Ajon s’en est allée, des enfants en plein coeur


EA
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 5 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 15/12/2020 PAR Joël AUBERT

De ces engagements où la défense , notamment, des jeunes filles des quartiers défavorisés la mobilisait au sein des associations, le Secours Populaire ou l’Adil, allait naître bientôt le choix de rejoindre le PS. Et d’entamer  un mandat municipal en 2008 après avoir tutoyé le mandat de député suppléant auprès de Michèle Delaunay, avant de se voir confier par Jean-Luc Gleyze la vice-présidence du département, en charge de la protection de l’enfance et de la promotion de la santé. Une responsabilité éminente qu’elle évoquait en ces termes dans une tribune que nous publiions quelques mois pus tard à Aqui.fr : « Je  pense que s’intéresser à la protection de l’enfance, c’est d’abord lever le voile sur la complexité, sur la confusion des sentiments, les différentes normes familiales. C’est être convaincu que malgré notre pudeur, il est juste de pousser la porte de l’intimité de la famille quand un enfant est en danger.

« Protéger l’enfant c’est démultiplier son avenir »

« La politique publique de la protection de l’enfance est complexe, pleine d’affect et d’images préconçues. Aussi, je ne peux que saluer le travail accompli sur le terrain par les agents du département et nos partenaires associatifs. Dans cet état d’esprit, le président Jean Luc Gleyze et moi-même, voulons mettre en musique une politique de la protection de l’enfance bienveillante, une politique globale en lien avec les autres politiques sociales.

“Nous  pensons que protéger l’enfant, c’est le penser dans toutes ses dimensions, dans tout son parcours. Protéger l’enfant, c’est lui donner accès au monde, c’est tout faire pour ne pas restreindre son champ des possibles, c’est démultiplier son avenir. »

Une affirmation qui sonne comme une profession de foi… Et qu’Emmanuelle Ajon va vivre, confrontée au réel, dans un département qui accueille, non seulement des enfants à prendre en charge dans des contextes familiaux très rudes et qu’il faut protéger, mais aussi ces mineurs non accompagnés, venant souvent de fort loin. Et qu’il est souvent difficile d’identifier comme tels. Autant de combats à mener malgré l’engagement du département auquel l’Etat a fait plus que confier une compétence qui dépasse ses moyens.

La vice-présidente qui nous quitte, elle qui avait connu professionnellement le milieu du logement social et venait d’obtenir, auprès du maire de Bordeaux, la responsabilité de conduire une politique active de l’habitat, se préparait à de nouvelles batailles, fidèle à son goût de servir et à ses idéaux. Au revoir Emmanuelle, tu as honoré le meilleur de la politique au plus près des citoyens.

 Réactions

Jean-Luc Gleyze, Président du Conseil Départemental de Gironde : 

« Emmanuelle Ajon avait à cœur d’offrir à tous les enfants de Gironde les mêmes chances de s’épanouir dans la vie, elle en avait fait le fil rouge de son engagement militant et politique.

Par son altruisme et son humanité, elle incarnait la mission de protection de l’enfance, qui est l’une des plus sensibles du Département. De lourdes responsabilités qu’elle assumait avec un courage et un optimisme que rien ne pouvait ébranler. En son honneur, nous continuerons à porter ces combats à l’avenir. Emmanuelle Ajon a porté de nombreux projets emblématiques de la collectivité, comme la mise en place du 1er conseil des jeunes de la protection de l’enfance, le combat pour les contrats jeunes majeurs afin d’éviter une sortie sèche de l’aide sociale à l’enfance, ou plus récemment, l’installation d’un village d’enfants à Sablons permettant d’accueillir des fratries et la livraison de la nouvelle pouponnière du Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille.


Alain Rousset président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

“C’est une terrible nouvelle, un choc pour nous tous, nous perdons tous une femme de grande valeur, d’engagement permanent auprès des plus faibles ».Elue régionale d’Aquitaine en 2010, elle mobilise toute son énergie dans le développement de l’Economie sociale et solidaire, cette autre économie, où le respect de l’homme et de ses valeurs sont le principal capital.

Pierre Hurmic maire de Bordeaux

Pensées « d’abord à sa famille et à tous ses proches qui sont cruellement frappés. Notre équipe municipale perd un maillon précieux, une combattante valeureuse, une humaniste.
Partie bien trop tôt, Emmanuelle Ajon aura beaucoup œuvré pour Bordeaux et la Gironde. Son courage et son engagement resteront pour nous à jamais exemplaires ».

La Ville de Bordeaux mettra ses drapeaux en berne dès demain, jusqu’aux obsèques.

Le Groupe Socialiste et Apparentés de la ville de Bordeaux

Elle avait cette capacité à porter ce collectif, à faire que chacun s’y sente en confiance, que chacun apporte sa pierre à l’édifice.
Elle avait cette capacité à montrer l’exemple, par son travail, sa persévérance, à nous entraîner, à nous porter.
Elle avait cette capacité à ne jamais baisser les bras, à faire passer le collectif avant ses intérêts personnels.
Elle était très présente, très investie
Emmanuelle Ajon était une femme généreuse, humaniste, qui aimait les gens 

Engagée professionnellement dans le logement social, comme conseillère juridique, puis comme directrice d’agence.

Engagée politiquement au Parti Socialiste depuis 2002 pour faire barrage au Front National, prolongement naturel de mes engagements associatifs pour la construction d’une société bienveillante et égalitaire.


Thierry Trijoulet, premier secrétaire du PS Gironde

Emmanuelle venait d’obtenir une victoire historique en tant que première des socialistes à Bordeaux avec le futur maire Pierre Hurmic aux dernières élections municipales. Bordeaux, bastion de la droite depuis de nombreuses années. Fidèle et loyale au Parti Socialiste notamment dans cette période compliquée politiquement, elle avait joué un rôle déterminant pour l’union des forces de gauche lors de cette élection municipale.

Gardant au cœur l’engagement militant au quotidien, elle était toujours proche des équipes militantes au plus près des différentes campagnes électorales

Emmanuelle, militante associative engagée pendant 10 ans dans l’humanitaire au niveau local et national pour la lutte contre la précarité, la protection de l’enfance, la prévention dans le domaine de la santé, les droits des femmes et l’accès à la culture. Engagée aussi professionnellement dans le logement social, comme conseillère juridique, puis comme directrice d’agence. Emmanuelle, membre du PS depuis 2002, elle était au sein des instances départementales de la Fédération du PS, Première Secrétaire Fédérale adjointe en charge de la Coordination politique.  


Fabien Robert, Président du Mouvement Démocrate de Gironde : 

“Plus cruelle encore est la disparition subite d’une personnalité à qui la vie sourit.

Bonheur personnel et réussite politique : ces derniers mois, Emmanuelle Ajon voyait son destin se réaliser. Cette femme entière, engagée et sincère va nous manquer.

La vie ne devrait pas réserver un tel sort à ceux qui s’engagent si généreusement. Je ressens un profond sentiment d’injustice, de colère et d’impuissance depuis ce matin, cela me bouleverse.

J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.”

Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires
On en parle ! Gironde À lire ! POLITIQUE > Nos derniers articles