Le Libournais suspend le financement de la LGV Tours-Bordeaux


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Publication PUBLIÉ LE 12/02/2015 PAR Romain Béteille

Dans une lettre datant du 20 janvier adressée à Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie et signée par Alain Rousset, Président de région Aquitaine, Alain Juppé, maire de Bordeaux et Président de Bordeaux Métropole et Philippe Madrelle, Président du Conseil général de Gironde, l’inquiétude est déjà là. “Il nous semble nécessaire de veiller à ce que l’ensemble des partenaires soient bien au rendez-vous de l’ambition qui a permis d’engager ce projet majeur pour notre territoire. Or, les premières informations dont nous disposons font état d’une volonté de la SNCF de faire circuler entre Paris et Bordeaux un nombre de TGV inférieur à l’offre actuelle. De même, les objectifs retenus dans la convention de desserte des gares de Châtellerault, Futuroscope, Poitiers, Angoulème et Libourne ne seraient pas atteints”, écrivent de concert les 3 élus. 

Un accord contestéIl y a une semaine, les soupçons se sont confirmés, comme l’a déclaré ce matin Philippe Buisson, maire de Libourne et Président de la communauté d’agglomération du Libournais. “La direction des voyageurs de la SNCF m’a confirmé ne pas vouloir respecter cette convention de desserte. L’Etat garantissait 10 allers/retours par jour entre Libourne et Paris de 2017 à 2027, or la SNCF ne veut maintenant en assurer que 3. Cela écorne le pacte de confiance que nous avons signé”. En l’état, la SNCF n’a jamais signé cette convention datant de 2010 et qui prévoyait une desserte minimum maintenue pour les 5 gares. Dans cette convention, on peut notamment lire que l’Etat a décidé “de faire appel aux collectivités territoriales pour cofinancer 50% de la part publique et de réaliser cette infrastructure sous forme de concession” mais qu’en contrepartie, la communauté des communes a apposé un certain nombre de conditions, comme le maintien d’une gare TGV à Libourne, un nombre d’arrêts “adapté” et le maintien d’une “offre territoriale équilibrée”. 

Avec cette volonté de la SNCF de revoir le nombre de trajets à la baisse, Philippe Buisson reste préoccupé, même s’il l’assure, “il y aura toujours des dessertes TGV à Libourne, mais le nombre prévu est insuffisant”. Pour entamer les négociations, le maire s’engage dans un “bras de fer vigoureux” entre les collectivités signataires, la SNCF et l’Etat. “Il y a quelques jours, la SNCF a nommé Jean Auroux (ancien ministre des transports et de l’urbanisme sous François Mitterand, NDLR) comme médiateur. Ce créateur de la Fédération des Villes Moyennes connaît bien la situation”, temporise l’élu. Un rapport doit être rendu en juin et Philippe Buisson compte “entamer des initiatives futures avec les autres collectivités impactées par ce non-respect”. Une rencontre entre les élus des collectivités concernées et Alain Rousset devrait donner des premières pistes de négociations dans les prochains jours. “C’est un combat vital pour Libourne de se mettre en lien avec Bordeaux Métropole. L’arrivée de la LGV à Bordeaux ne peut pas se traduire par un assèchement des territoires périphériques”. 

Des mesures immédiates“C’est un bras de fer qui dépasse la seule ville de Libourne. Nous voulons affirmer à la SNCF qu’il y a une vie entre Bordeaux et Paris qui mérite d’être respectée”. En attendant, Philippe Buisson ouvre la porte aux négociations et espère au moins arriver jusqu’a 6 dessertes par jour, tout en exigeant de nouvelles contreparties (notamment le financement d’un pôle multimodal acollé à la gare, une augmentation de l’accessibilité voire un futur accord foncier). En attendant l’issue de ce bras de fer, le maire a décidé d’annoncer, lors d’un conseil communautaire vendredi, le gel des financements de la LGV (dont le dernier versement se situe à hauteur de 500 000 euros) : “les appels de fonds seront mis sous consignation et elle ne sera levée que lorsque nous aurons obtenu un accord qui convienne”. Pas sûr que cette simple “menace” financière suffise, mais le maire de Libourne compte bien sur le soutien des autres collectivités pour créer des pétitions et “fédérer l’ensemble des communes concernées”. 

La fronde des élus se poursuit. Après la communauté d’agglomération du Grand Angoulème, la Communauté des communes du grand Cognac, c’est le Conseil général qui a suspendu début février le versement des 7,3 millions d’euros dus d’ici à 2018. D’autres collectivités, comme le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques ou encore la communauté des communes de Pau, ont récemment menacé de faire de même, faute de garanties suffisantes de la part de la SNCF. Reste à savoir si les négociations qui vont s’entamer dans les prochaines semaines pourront permettre de trouver une issue favorable à ce projet toujours plus controversé. 

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