LGV Tours Bordeaux : la grogne monte à La Rochelle


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Publication PUBLIÉ LE 23/02/2015 PAR Romain Béteille

“Nous sommes un pôle économique majeur qui ne veut pas se développer uniquement grâce au tourisme”, a affirmé ce lundi Jean-Francois Fountaine, maire de La Rochelle, dans le cadre d’une réunion avec divers élus et acteurs économiques de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et du Sud-Vendée. “Demain, Bordeaux sera à 2 heures de Paris, les autres territoires doivent se battre pour développer l’économie et l’emploi”. “On a modernisé la ligne entre Niort et La Rochelle en supprimant tous les passages à niveaux”, poursuit Dominique Bussereau, Président du Conseil général de la Charente-Maritime, “on est donc face à un paradoxe qui serait de dire que le seul gain de temps qu’on réaliserait serait celui que nous avons fait via cette modernisation”. 

Des intérêts contradictoires ?L’ensemble des élus étaient réunis avant tout pour exprimer leur désaccord face à l’annonce faite par la SNCF d’une dégradation de la desserte de leurs territoires après la mise en service de la LGV-SEA en 2017. En effet, selon le programme initial, le raccordement Coulombier Nord-ouest a été crée pour faire circuler des TGV directs entre La Rochelle et Paris en deux heures vingt-sept au lieu de deux heures cinquante, soit un trajet réduit de 25 minutes, avec un raccordement qui, au départ, bénéficiait aussi à Niort, Surgères, Rochefort et Fontenay-le-Comte. Cependant, selon une annonce du service annuel de la SNCF datant de fin 2014, aucun TGV direct entre La Rochelle et Paris ne serait à l’ordre du jour en 2017. De plus, un arrêt prévu à Poitiers pourrait venir rallonger ce temps de trajet. La Rochelle a investi à hauteur de 8 millions d’euros pour un coût total de 6703 millions d’euros. 

Pour Suzanne Taillard, députée de la Charente-Maritime, l’enjeu est important, car “on sait que le ferroviaire est porteur pour l’économie du territoire. Les habitants de ces territoires sont conscients des enjeux et sauraient se mobiliser si le succès de la mission en cours n’était pas assuré”. “Il est important pour nous de ne pas être caricaturés, nous ne sommes pas des stations balnéaires, nous sommes aussi des lieux de développement économique”, s’indigne à son tour le député Olivier Falorni. “La proposition faite par la SNCF de fournir des trains rapides le vendredi soir est une illustration de cette caricature. De plus, le discours de la SNCF est contradictoire. Ils disent qu’il n’y aura pas assez de demande, mais elle ne veut pas créer d’offre…”. Selon le député, la bretelle construite à Fontenay le Comte, qui a pour objectif d’éviter Poitiers, constitue aussi un point de friction. “On constate l’aberration dans l’utilisation des investissements. Aujourd’hui, on nous dit que cette ligne coûterait trop cher et qu’il ne faudrait pas l’utiliser…”. 

Le médiateur tente de calmer le jeuJean Auroux, ancien ministre des transports sous Mitterrand et nommé médiateur de la SNCF, doit rendre un rapport de concertation à la fin du mois de juin. Présent à La Rochelle ce lundi, son premier objectif était évidemment de rassurer les élus. “C’est un dossier difficile, évidemment, mais la SNCF a pour rôle d’accompagner les territoires qui ont envie de prendre des initiatives, et trouver un équilibre entre les contraintes des uns et des autres. Il n’est pas possible pour un train de rouler sans aucun arrêt, mais il est également inconcevable qu’il s’arrête tous les cinquante kilomètres”, a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour la SNCF de trouver un accord avec les collectivités et de régler les problèmes du temps de voyage, de la capacité des trains, de leur confort et des horaires à afficher. “Notre but n’est pas de tout renégocier ni d’engager des polémiques qui ne serviraient à rien”. 

La polémique semble pourtant être déjà là. Le 12 février dernier, le Libournais suspendait à son tour le financement à la LGV Tours-Bordeaux, s’inscrivant dans le mouvement d’une véritable fronde des élus (Angoulème, Cognac… en tout, 34 collectivités locales sur 58 continuent d’engager des crédits sur le projet). Dans un courrier datant de fin janvier, la région Aquitaine, Bordeaux Métropole et le Conseil Général de la Gironde s’inquiétaient du fait que la SNCF veuille proposer un nombre de TGV “inférieur à l’offre actuelle”, rappellant, en guise d’avertissement, que leurs investissements cumulés représentaient 560 millions d’euros. Déjà présent la semaine dernière à Angoulème et à Poitiers, Jean Auroux a précisé que “dans un projet aussi grand, il y a forcément des intérêts contradictoires”. Reste à savoir jusqu’où pourraient mener les contradictions… 

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