LGV: la Charente-maritime surseoit au paiement de Tours-Bordeaux… La Gironde répond.


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Publication PUBLIÉ LE 01/08/2013 PAR Solène MÉRIC

C’est arguant de «la remise en cause du principe de la continuité des engagements de l’Etat» que Dominique Bussereau, annonce son intention de demander à son Assemblée Départementale de surseoir aux paiements demandés par RFF, pour la réalisation, d’ores et déjà en cours, de Tours-Bordeaux. Un motif de retrait qu’il appuie sur un non respect par l’Etat de la convention de financement et de réalisation de ce tronçon central du projet de la LGV SEA. Celle-ci prévoyait en effet, qu’au delà de Bordeaux, la LGV se scindait en un tronçon Bordeaux-Toulouse et un tronçon Bordeaux-Hendaye, ajouté à un troisième tronçon Poitiers-Limoges. Trois branches venant en continuité du tronçon central et pour lesquelles les partenaires, dont l’Etat, avaient confirmé «leur volonté commune et leur attachement à réaliser chacune de ces branches», rappelle l’ancien Ministre des Transports, en charge à l’époque du dossier LGV SEA.
Or les récents arbitrages du Gouvernement ont, pour l’heure, retenu sur le plan des grandes infrastructures ferroviaires un unique relais jusqu’à Toulouse. Une décision qui selon Dominique Bussereau équivaut à une rupture des engagements de l’Etat et partant, une possibilité pour son Assemblée, si elle le vote dans ce sens, de retirer ses engagements financiers du projet Tours-Bordeaux.

“Insoupçonnable chef d’oeuvre politique”Dans sa réponse du 30 juillet, Philippe Madrelle, ne fait pas dans la demi mesure pour s’adresser à son homologue. Il dénonce dans les arguments de Dominique Buissereau, «un prétexte fallacieux et mal venu», critique «un spectaculaire volte-face», et ironise sur son «insoupçonnable chef d’oeuvre politique». Une lettre de ferme colère.
A la rupture du principe de la continuité républicaine avancée par l’ancien Ministre du transport, Philippe Madrelle répond que «justement, c’est le programme LGV Sud ouest qui pâlit le moins de l’étalement des projets». Il met en avant sur ce point que «les délais de réalisation de Tours-Bordeaux seront assumés» par le Gouvernement, que «la section Bordeaux-Toulouse est la seule retenue avant 2030», et que Bordeaux-Hendaye «n’est pas abandonnée mais simplement reportée en fonction des exigences d’un réseau historique dont l’état très dégradé a été caché aux français.» Et de glisser au passage que celle-ci pourrait se faire aux normes TGV de la nouvelle ligne basque. Idée à l’époque rejetée par le Ministre des transports, Dominique Bussereau lui-même…
Autre pointe d’ironie quand Philippe Madrelle rappelle que «le fabuleux programme LGV du Grenelle, n’avait pas à l’époque de plan de financement, et que c’est l’exercice du financement qui a conduit l’actuel Gouvernement à arbitrer un programme raisonnablement finançable». L’occasion pour le Président du Conseil général de Gironde de soutenir du même coup auprès de son adversaire politique, la «clairvoyance» du Gouvernement de privilégier l’effort sur la modernisation des réseaux existants, «sans renoncer au développement de la LGV».

Enfin, soulignant le «changement de pied politique» de son correspondant épistolaire, et mettant en avant que sa collectivité est «la première à se désengager unilatéralement de ce projet instigué par un ministre des transports qui s’appelait Bussereau à l’époque», Philippe Madrelle, conclut qu’«il faut à l’avenir éviter que des grands projets nationaux soient construits sur des financements croisés entre une multitude de collectivités locales, afin de ne pas les exposer à leur versatilité politique.» Et dans une dernière pique de lâcher: «Et c’est vous précisément qui avez mis le ver dans le fruit de ce grand projet ferroviare national».
On peut désormais raisonnablement s’attendre à des problèmes de voisinage.

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