La SNCF confirme 18,5 navettes quotidiennes directes entre Bordeaux et Paris


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Publication PUBLIÉ LE 11/04/2016 PAR Romain Béteille

Un très grand nombre d’élus étaient présents ce lundi pour la confirmation du nombre officiel de dessertes de la future ligne LGV qui mettra Bordeaux à deux heures de la capitale d’ici l’été prochain. Ce sera donc 18,5 allers-retours par jour sans arrêts (le chiffre avait déjà fuité), 4,5 avec un ou deux arrêts et 10,5 avec trois arrêts ou plus. A 446 jours de la mise en service de cette nouvelle ligne TGV (date officielle de la commande des sillons qui la composeront), l’heure était à l’euphorie communicante : “bulle de sérénité” à 35 000 places proposées par jour, forte amplitude horaire entre 6h00 et 21h00 (avec un renfort à la demi-heure en heure de pointe : chacun se félicitait des résultats obtenus. Mais ce sont en fait 17,5 allers-retours directs, le dernier faisant étape à Angoulème. Ce chiffre a par ailleurs été validé par les associations d’usagers de transports, dont la FNAUT Aquitaine. 

Un long bras de fer

Il faut dire que le bras de fer aura été long depuis 2015 et ses 13 allers-retours contre 19 proposés par Lisea (concessionnaire dont le principal actionnaire est, rappelons le, le groupe Vinci, l’équilibre économique et la question des péages étant très tôt rentrée dans ses préoccupations). Les élus locaux avaient affiché leur mécontentement quant aux conclusions du rapporteur Jean Auroux, nommé par la SNCF, qui avait préconisé 13,5 allers retours à la fin du mois de juin dernier. Une idée surréaliste avait même été envisagée : demander une aide financière à la Banque Centrale Européenne. Restée sans réponses, elle a fait place aux chiffres officiels : la SNCF a donc investi un milliard d’euros dans l’achat de quatre nouvelles rames qui arriveront en fin d’année. Le nom de code symbolique du projet : TGV Océane. 

“Ce moment, on l’a bien mérité”, a souligné Alain Rousset, président de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes devant un parterre de convaincus. “Ce n’est pas souvent que je dis merci à la SNCF. Alain Vidalies a donné le grand coup d’épaule pour arriver à 16-17 allers-retours, nous avons encore un peu poussé avec Alain Juppé pour atteindre ce chiffre de 18,5. Mais on ne s’arrête pas en chemin. Bordeaux ne peut pas être un cul-de-sac. Demain, nous serons à une heure quarante de Bilbao, à quatre heures trente de Madrid”, a-t-il ajouté. Coût total définitif de cette ligne Bordeaux-Paris : 7,8 milliards d’euros, dont 306 millions provenant de la Région et 127 de la métropole. Même si la SNCF compte attirer 2,3 millions de voyageurs supplémentaires d’ici 2019, elle estime tout de même qu’elle va perdre au minimum 150 millions d’euros par an. 

Un contexte régional plus tendu 

D’ici deux mois, un décret devrait également déclarer les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax d’utilité publique. Cette fin de négociation apparaît dans un climat un peu plus compliqué au niveau régional. Ce mardi, une grève des conducteurs de Trains Express Régionaux devrait impacter le trafic, avec 69% des TER assurés. En février 2016, SNCF Mobilités annonçait sa décision de supprimer 24 TER par jour en raison d’une pénurie nationale de conducteurs, gentiment transformée en “plan de transports adapté” (Rhône-Alpes et aussi concerné, avec la suppression de 21 TER quotidiens d’avril à juillet). Alain Rousset avait fait part de sa décision de réduire la contribution que la région verse à la SNCF de 5,4% (soit 2,7 millions d’euros) et exigé une indemnisation complète des voyageurs “tant que durera ce plan de transports”. 

M.A.J : Sur les 33,5 allers-retours quotidiens, une quinzaine desserviront les gares intermédiaires. Dans le détail, la SNCF confirme quatre allers-retours par jour Libourne-Paris (avec un temps de parcours amélioré de 34 minutes), cinq pour Agen, quatre pour Pau (une heure de moins), six pour Dax (amélioration d’une heure), trois pour Orthez (le premier train prévoit une arrivée vers midi) et cinq pour la Côte Basque (plus d’une heure de gain de temps). Seul le trajet La Rochelle est laisé : si le nombre de dessertes prévu reste le même (sept), la ville ne bénéficiera que d’1,5 aller-retour quotidien rapide vers Paris, contre quatre voulus par les élus de la commune. 

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