Les sources du Toulon à Périgueux ont bien des secrets à livrer


Claude Hélène Yvard
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Publication PUBLIÉ LE 06/06/2016 PAR Claude-Hélène Yvard

Les sources du Toulon alimentent la ville de Périgueux et ses alentours en eau : elles possèdent un fort volume régulateur lié à un volume dynamique, soit une réserve en eau très importante. Composées de deux émergences principales, l’Abîme et le Cluzeau, elles constituent actuellement la seule ressource en eau potable de la ville. Elles alimentent 13500 foyers soit quelque 50 0000 personnes, bien qu’elles pourraient alimenter jusqu’à 194 000 personnes. Le débit moyen est de 38 millions de litres par jour. Depuis la première installation qui remonte à 1835 jusqu’à la délégation de l’exploitation par la ville en 1971 à la société Lyonnaise des eaux (SUEZ aujourd’hui), sa qualité naturelle permet une exploitation optimale : la source ne subit aucun prétraitement avant d’arriver dans l’usine. Aujourd’hui, Suez et la ville de Périgueux ont besoin de mieux connaître le fonctionnement de ce réseau souterrain qui alimente notamment la source principale, de l’Abîme. C’est pourquoi, depuis désormais 2013, Guillaume Lorette mène une étude sur le site. La dernière remonte à 1971.

Guillaume Lorette, le jeune chercheur Bordelais devrait livrer sa thèse en 2018

Une source exceptionnelle“La source du Toulon est exceptionnelle. Elle est unique en France. Elle présente la particularité d’avoir très peu de résurgences dynamiques et son débit est très important. Il reste constant, y compris en période de forte sécheresse, détaille Roland Lastenet, maître de conférence en hydrologie à l’Université de Bordeaux. Il supervise le travail de recherche de Guillaume Lorette. Pour mener à bien cette étude et améliorer les connaissances de cet hydro système, une station de mesure aux capteurs performants a été installée en bordure d’un étang de couleur turquoise. C’est de cet étang que jaillit la source principale. L’opération a coûté 50 000 euros, co-financée par la Ville et l’université de Bordeaux. “Les sondes mesurent de nombreuses données toutes les six minutes : le PH, l’oxygène dissous, le taux éventuel de nitrates, ou de pesticides, le débit. Ces mesures sont également essentielles pour connaître la qualité de l’eau, souligne Jean Christophe Studer, le responsable de l’agence Suez de Périgueux et du site. Les sources du Toulon sont des sources karstiques. Plusieurs problématiques sont liées à ces roches :difficulté d’identification des bassins d’alimentation, variabilité temporelle des débits, vulnérabilité vis- à- vis des pollutions.  L’étude menée par Guillaume Lorette va permettre de mieux cerner l’étendue du bassin versant. Selon Roland Lastenet, il pourrait s’étendre vers Sorges, ou le Change et pourrait faire de 100 à 150 km2. Le comité de spéléologie a été consulté car les spéléologues locaux connaissent toutes les cavités. Mieux connaître la provenance des eaux, les volumes exploitables devrait permettre à terme de mettre les solutions en place pour éviter les pesticides, les nitrates  que l’on trouve en quantité faible dans l’eau de source, d’élargir éventuellement le périmètre de protection. 



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