Trois questions à Nicolas Thierry : “L’agence régionale de la biodiversité sur de bons rails”


Claude Hélène Yvard
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Publication PUBLIÉ LE 16/01/2018 PAR Claude-Hélène Yvard

@qui! -Quel est le bilan de vos actions depuis le début de la mandature au sein du Conseil régional.?
Nicolas Thierry – Cela a été à 100 à l’heure. Je m’étais fixé plusieurs objectifs. Je suis assez content, car ils sont en bonne voie. Maintenant il faut les faire vivre. Dans les deux premières années, notre volonté était de crééer une agence régionale de la biodiversité. Il a fallu fusionner ce qui existait dans les trois anciennes régions. En Aquitaine, il existait une agence, en Poitou-Charentes aussi et en Limousin, des politiques étaient menées sur ce sujet mais sans instance de coordination. Ma volonté était aussi de mettre une attention particulière sur les pollinisateurs. Depuis juin 2017, il existe un plan régional de sauvegarde des pollinisateurs.  Ce plan prévoit quatre grands axes : améliorer la connaissance pour mieux préserver les pollinisateurs, informer et sensibiliser les citoyens, construire l’exemplarité régionale et, surtout, pierre angulaire du plan, restaurer les habitats naturels. En décembre, nous avons aussi présenté une stratégie globale régionale en faveur de la protection de la biodiversité. On va par exemple proposer à des territoires qui le souhaitent de les labelliser, territoire vert et bleu. Ce sont des territoires qui vont s’engager pour préserver leur patrimoine naturel.

@qui!- Où en est la mise en route de l’Agence régionale de la biodiversité ? 
N T –  L’agence régionale de la biodiversité est sur de bon rails puisqu’elle a été créée début décembre. Elle réunit une vingtaine d’agents et elle est présidée par le scientifique Alain Dutartre, hydrobiologiste et spécialiste des milieux aquatiques. Son siège social est au Futuroscope à Poitiers. L’Agence organise ses réunions aussi bien à Bordeaux, à Poitiers qu’à Limoges. L’Agence se veut ancrée au plus près des territoires car la biodiversité touche à de nombreux domaines transversaux. Exemple, lorsqu’une commune décide la construction d’un nouveau supermarché, il y a un impact. La biodiversité, cela peut être aussi la manière dont on va gérer une forêt, ou encore, le choix d’un type d’agriculture. Contrairement au climat, la biodiversité, c’est plus précis. La biodiversité, ne sera préservée qu’au niveau local, que si localement on est capable de modifier nos pratiques.  L’agence se veut un apport en termes d’accompagnement , d’ingénierie et un lieu d’échanges et de concertation.  

@qui! – Quelles  en sont les missions ?
N T – Cette agence a trois missions. La première est d’être un forum d’acteurs, faire de rencontrer sur le territoire un certains nombre d’acteurs sur des problématiques très précises, telles les pollénisateurs, la moule perlière, le loup. Un des objectifs est de réunir et de faire débattre ensemble et de trouver des points d’accord entre des gens qui ont des intérêts spontanément assez éloignés. La deuxième mission, c’est l’accompagnement. Exemple, aujourd’hui une commune de taille modeste veut entamer la réforme de son PLU, et elle n’a pas forcément les compétences  en interne. L’agence aura un rôle d’outil et sera en mesure d’orienter ces élus locaux sur des acteurs de terrain pour des missions de conseils. La troisième mission est fondamentale. Elle concerne le recueil des données scientifiques, qui sont aujourd’hui éparpillées entre plusieurs instances : le CNRS, les fédérations de chasse, de pêche, les agences de l’eau. Aujourd’hui, les données existent mais pour les croiser et les analyser, cela reste complexe. L’Agence va passer une convention avec chacun de ces organismes qui créent de la donnée, après les avoir identifiés, pour en premier lieu y avoir accès et ensuite permettre une mise en commun. 

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