icone plume

L'ÉDITO

 par Joël AUBERT Joël AUBERT
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
04/09/2011

LGV Pays Basque : Quand l’Etat pratique la haute voltige

Une réunion où on présente à la fois un tracé, propose aux élus une relance de la concertation et parallèlement confirme la mise en place d'un «  observatoire des trafics et évolutions économiques transfrontaliers ». Au centre de cet exercice de haute voltige on prononce un mot, « saturation » sorte de nœud gordien que, déjà, Jean-Louis Borloo, alors ministre, avait prononcé il y a un an, au Pays basque.

Tout porte à croire, en ces temps de période préélectorale, que l'Etat ne mettra aucun empressement à le trancher. En serait-il autrement que le ministre des Transports, Thierry Mariani, n'aurait pas été aussi attentif au combat que Michèle Alliot-Marie redevenue simple députée des Pyrénées-Atlantiques, mène contre ce projet qu'elle considère comme « aberrant ». Avec à ses côtés les élus du pays basque intérieur, en tête d'une opposition, non loin des associations dont la capacité de mobilisation reste exceptionnelle.

L'Etat, donc, ne renonce pas au projet, d'autant qu'il se sait engagé par la jonction prévue avec l'Espagne, mais il joue la temporisation d'autant que le coût d'une ligne de près de quarante kilomètres, fortement enterrée, est  très élevé. Le comptage des trains, l'évaluation des trafics, vont continuer et on va même en discuter sérieusement, ce qui en l'état actuel du tonnage des marchandises circulant sur le rail ne plaide pas pour l'accélération du calendrier d'une ligne nouvelle. L'approche volontariste présentée par RFF, lors du débat public, il y a cinq ans était d'ailleurs si peu vraisemblable qu'elle a nourri la contestation. La ligne nouvelle, rappelons-le puisait sa légitimité dans cette croissance impressionnante du trafic de fret, aujourd'hui improbable.

Considérons donc que les acrobaties de l'Etat peuvent donc durer assez longtemps encore  - on cite des horizons de saturation en 2035 et même au-delà - ce qui n'empêchera pas Réseau Ferré de France d'avancer avec modération et le soutien du président de la Région Alain Rousset. L'exercice ne sera pas de tout repos car les Basques, notamment ceux de l'intérieur, au-delà des hypothèses économiques ne sont pas prêts à accepter la traversée de leur territoire.

Laissez vos commentaires
A lire ! Éditos précédents