Une campagne interrégionale pour valoriser la culture


Charline Claveau, présidente de l’Office Public de la Langue Occitane a présenté ce mercredi les contours de la campagne de communication lancée fin mai.

Une partie des affiches de la campagne de l'Office Public de la Langue Occitanewww.offici-occitan.eu
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Temps de lecture 3 min Nombre de vues

Publication PUBLIÉ LE 26/05/2021 PAR Yoan DENECHAU

L’Office Public de la Langue Occitane cherche à séduire les 15-45 ans. A travers une campagne de communication lancée lundi dernier, l’OPLO met en valeur la culture et la langue occitane sur tout le territoire occitanophone, étalé de la Nouvelle-Aquitaine à l’Occitanie. En marge de cette présentation, Charline Claveau, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine et Présidente de l’OPLO a réagi, non sans émotion, à la décision du Conseil Constitutionnel concernant la loi Molac de sauvegarde des langues régionales.

C’est une campagne inédite sous plusieurs aspects. Par son étendue géographique déjà, couvrant 22 départements de la façade Atlantique à la Méditerranée. C’est également la première campagne de communication lancée par le jeune Office Public de la Langue Occitane (OPLO), mis sur pied en 2015 par l’État et les Conseils régionaux de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie.
Lancée le lundi 24 mai dernier, cette campagne de l’OPLO devrait s’achever d’ici la fin décembre. « La représentation, la transmission et la socialisation de la langue et de la culture occitane font partie de nos principaux axes de travail », indique Charline Claveau, Présidente de l’OPLO. Cette dernière estime l’occitan « en voie de disparition », puisqu’il faudrait que 30% des habitants du territoire occitanophone pratiquent la langue, contre seulement 7% actuellement.

« Il nous reste donc 23% à trouver, sachant que la majorité de la population néo-aquitaine [92%, NDLR] se dit favorable au développement de la langue occitane », lance la conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine, en s’appuyant sur une étude menée par l’OPLO en 2020. En rentrant dans le détail de la campagne de communication de l’Office Public de la Langue Occitane, Charline Claveau décrit les actions qui pourraient permettre de gonfler ce nombre de locuteurs. « Elle cible plutôt les jeunes de 15 à 45 ans. Les langues régionales peuvent être apprises à l’école mais aussi transmises par les jeunes parents », affirme l’élue. L’Office public mise également sur l’interpellation de la population, en installant des affiches dans 52 gares SNCF et les abribus des réseaux interurbains de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Ces affichages jouent sur des mots usuels d’origine occitane, comme « la gnaque » [nhaca], « requinqué » [requincat] ou encore le fameux « drole » [drolla], pour désigner un enfant.

Loi Molac : une décision « humiliante »

Pour la Présidente de l’Office Public de la Langue Occitane, la création d’affiches ou de nouvelles signalétiques bilingues – par exemple les annonces en gare SNCF – devrait être favorisée par la loi Molac, votée en avril dernier, et donc contribuer au développement des langues régionales. Charline Claveau revient d’ailleurs sur la décision du Conseil Constitutionnel censurant l’article sur l’enseignement immersif. Pour rappel, les « Sages » ont été saisis par une soixantaine de députés pour étudier la constitutionnalité de l’article concernant les forfaits scolaires, puis se sont auto-saisis sur celui de l’enseignement immersif, avant de le censurer. Un choix fustigé par de nombreux élus locaux et nationaux, dont Alain Rousset et François Bayrou.

« Je ne suis pas une militante. Pourtant, je me suis sentie profondément humiliée par cette décision », regrette Charline Claveau. Selon elle, la peur générée par la Loi Molac et l’enseignement immersif est « irrationnelle ». « Comment le Ministre de l’Éducation Nationale peut affirmer que cet enseignement est propice au séparatisme », s’emporte-t-elle. La Présidente de l’OPLO en profite pour rappeler que l’enseignement immersif des langues régionales existe depuis plus de 50 ans et concerne des milliers d’élèves. « Il faut avoir un regard inspirant, au lieu d’infantiliser les collectivités qui mettent tout en œuvre pour protéger ces langues régionales », conseille-t-elle. Des manifestations en soutien à l’enseignement immersif des langues régionales et à la Loi Molac – promulguée le 23 mai – sont organisées le 29 mai prochain dans plusieurs villes de France dont Pau et Bayonne en Nouvelle-Aquitaine.

Ça vous intéresse ?
Partagez l'article !
Copier le lien Partager sur FaceBook Partager sur Twitter Partager sur Linkedin Imprimer
Laissez vos commentaires
On en parle ! Nouvelle-Aquitaine À lire ! CULTURE > Nos derniers articles