Entre les lignes : Chasses furtives de Léon Mazzella aux éditions Passiflores


Passiflores
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Publication PUBLIÉ LE 26/12/2012 PAR Olivier Darrioumerle
Chasses furtives -  Léon Mazzella
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Chasses furtives est un roman solitaire, un roman d’amour entre un jeune homme et la Nature. A l’âge où les garçons découvrent les filles, Jean et son chien chassent dans les barthes des Landes, « son jardin des délices ». Le lecteur découvre une nature sauvage érotisée par l’auteur. « Il caressa le couple d’oiseaux, embrassa leur poitrine comme chaque fois. » Il peut sentir l’odeur de la terre mouillée, entendre le fracas des ailes des oiseaux et voir la lumière glisser entre les arbres.

Léon Mazzella nous offre aussi dans Chasses furtives une poésie secrète des barthes de l’Adour, côté landais, par temps bleu et froid. « Marais pris en écharpe par le brouillard (…) qui exhale, comme une immense tisane glacée, ses aromates nocturnes. Ou encore : Le marais est un immense frémissement(…) une mosaïque de flaques de cristal brisées de joncs, couleur mi-lune, mi-étain. » Puis les couleurs du marais contrastent avec la blancheur de l’hôpital où agonise son grand-père tant-aimé. La description de la mort, passage particulièrement beau du roman, montre la profondeur d’écriture d’un jeune écrivain de 23 ans devenu grand auteur du savoir-vivre.

Un chasseur de saisonsRoman couleur d’automne jusqu’à la mort du grand-père d’adoption, « le grand-père était mort en hiver », puis le livre voyage au printemps dans les Pyrénées basques au dessus de la forêt d’Iraty et devient roman d’été lorsque Jean se souvient des après-midi écrasées de soleil en Algérie, au pays des clémentiniers, des orangers et des citronniers. Mais ce sont toujours les oiseaux qui rythment les pages de Mazzella, chasseur de saison en saison. « Un pollen tardif chargeait un air tiède. Les Milans et les Buses paradaient encore. Les hirondelles et les tourterelles des bois se rassemblaient pour le grand départ vers le Sud. La saison de chasse allait recommencer. »

Jean a rencontré au printemps cette « femme-renarde », Marie qui « exhalait un parfum sauvage, mélange de cèpe, de lichen et de paille brûlée qui le transportait dans un sous-bois trempé d’automne ». Mais le songe d’une bécasse jaillissant des roseaux, le claquement des ailes et le regard du chien rappelaient Jean à la chasse. « Non retour. Seul avec son esprit traqué par la disparition des êtres et par la transparence des choses. » Le sentiment de contingence de Jean exigeait qu’il s’entoure dès que possible de l’existence de la Nature.  

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