Incompréhension à Pau et en Béarn après l’annonce de la fermeture de l’agence départementale de Sud Ouest


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Publication PUBLIÉ LE 12/11/2012 PAR Olivier Darrioumerle

Les messages de soutien ont afflué toute la journée dans la boîte mail de la rédaction. Aux terrasses des bistros, les lecteurs de Sud-Ouest ne cachaient pas leur ressentiment. « La République des Pyrénées ne me convient pas du tout. Il y a une différence entre les deux journaux béarnais. Voilà encore une décision très girondine, je peux vous dire que je vais résister ! », s’enflamme Anne, lectrice exclusive. Même son de cloche chez Siegfried, septuagénaire en colère : « Je lis Sud-Ouest depuis toujours et je n’achèterai pas la République des Pyrénées. Un point c’est tout… »

Martine Lignières-Cassou, député-maire de Pau, nous confiait son inquiétude « Mais rien n’est fait, tenait elle à rassurer, les intentions sont posées, les négociations vont débuter.» Les Béarnais ont encore la chance de pouvoir choisir. Ce qui n’est pas le cas pour tous les Français. Un couple de tourangeaux croisés sur le boulevard des Pyrénées se plaignent de l’omniprésence chez eux de la Nouvelle République, malgré qu’ils y soient abonnés. « C’est une désolation ! Tout ce que fait Mr Jean-Germain, le maire de Tours, est applaudi. »

« On a mouillé le maillot rouge, aujourd’hui il n’y a plus de maillot rouge… »

Des larmes ont coulé à l’annonce de la nouvelle tombée de haut en bas. L’annonce de la fermeture de l’agence béarnaise a provoqué une vive émotion au sein de la rédaction qui a spontanément cessé le travail. Sentiment d’abandon et incompréhension des anciens qui étaient engagés dans une concurrence difficile, mais confraternelle, avec la rédaction de la République des Pyrénées, deux fois plus nombreuse. « On a mouillé le maillot rouge, aujourd’hui il n’y a plus de maillot rouge… », se lamente un journaliste de Sud Ouest. Un autre s’insurge : « on a toujours défendu la bastide pied-à-pied, on n’a pas à rougir de nos résultats. » Malgré ses 11000 lecteurs quotidiens, 18000 le weekend, l’édition paloise serait-elle structurellement déficitaire ?

La presse quotidienne en général est confrontée à une érosion du lectorat et le journal Sud-Ouest s’adapte en développant un nouveau modèle bi-média. Place d’Espagne on assure que personne n”est réfractaire à l’évolution. « Nous sommes tous très engagés pour développer Sud Ouest sur Internet », assure un employé de Sud-Ouest, les bras ballants. Pourtant, la direction menace de fermer l’agence de Pau, deuxième ville d’Aquitaine, et de supprimer treize des dix-huit postes. Réaffectation, départ volontaire, licenciement, les journalistes béarnais ne savent pas encore à quelle sauce ils seront mangés : « Pour l’instant nous ne savons rien. »

Patrick Venries, directeur de la publication du journal, tient à expliquer, mardi après-midi, aux journalistes palois ce repli éditorial et territorial au moment où ils s’apprêtaient à débuter une formation quasi-permanente au bi-média. « On ne veut pas incriminer la direction, assure-t-on à la rédaction, mais nous ressentons durement ce plan et le peu de cas fait pour une équipe qui s’est toujours engagée à produire un journal de qualité… hier, aujourd’hui et demain. »

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