La filière bovine périgourdine débat de son avenir


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Publication PUBLIÉ LE 05/07/2019 PAR Claude-Hélène Yvard

L’assemblée de la section bovine de la FDSEA de la Dordogne a été l’occasion de rappeler le contexte dans lequel évolue actuellement la fillière bovine : recul de la consommation de viande, pression des lobbys anti-viande, baisse des ventes en hypermarchés, montée en puissance des circuits courts, baisse des revenus des éleveurs, diminution des cheptels à hauteur de 80 000 vaches sur le territoire français.  “On assiste à une décapitalisation depuis plusieurs années“, précise Fabien Joffre, président de la FDSEA de la Dordogne. Pourtant, les éleveurs, distributeurs et industriels présents à cette réunion ont débattu des états généraux de l’alimentation, qui selon Gilles Gauthier, président de la Sobeval a eu “le mérite de mettre tout à plat dans les relations commerciales”. Gilles Gauthier a toujours été favorable à une contractualisation avec les éleveurs et des négociations entre producteurs et industriels. La mécanique globale des états généraux de l’alimentation a été rappelée : elle prévoit notamment la contractualisation, l’obligation de réponse de l’acheteur, et une sanction en cas de prix abusivement bas. Le président de la fédération des industries et du commerce en gros des viandes a exprimé sa colère sur les marchés publics notamment dans le dossier d’importation de 1500 tonnes de steaks hachés avariés en provenance de Pologne pour des associations caritative. “L’Etat nous donne des directives bien précises, il faut qu’il commence par les respecter. Ce dossier est une honte et le résultat d’une vraie tricherie.” Gilles Gauthier, président de la Fédération des industries et du commerce en gros des viandes n’exclut plus un rapprochement avec Culture viande, présidé par Jean-Paul Bigard, qui regroupe de gros industriels, considérant que les deux organisations rencontrent les mêmes problématiques et qu’il y a désormais la nécessité d’une communication commune. “Il va falloir que nous nous réinventions très vite. On vit une révolution.” Gilles Gauthier plaide pour un panel de solutions complémentaires, estimant qu’il y a bien un avenir pérenne pour l’avenir de l’élevage allaitant et la viande de qualité. “Entre l’exportation, la réimplantation des viandes dans les supermarchés, l’investissement dans la restauration, la montée en gamme et le label rouge, tout cela mis bout à bout, doit avoir un effet structurant pour la filière viande française. “Il y a aussi un gros travail à faire sur les marchés publics : les hopitaux, les cantines scolaires, les maisons de retraite ne font pas majoritairement appel à des entreprises françaises ni à de la viande issue des élevages français. 70 % de la viande est importée. Cela passe nécessairement par un assouplissement des démarches administratives pour avoir plus facilement accès à ces marchés.”

Une meilleure communication vers le consommateur 

Les éleveurs pestent également contre la signature d’un traité entre l’Union européenne et le Mercosur ( marché commun d’Amérique du sud qui réunit l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Vénézuéla). “Notre crainte est que nous importions des tonnes de viande alors que nous savons qu’elle est produite des conditions déplorables, avec des OGM, des hormones de croissance, alors que notre agriculture est une des plus vertueuses du monde.  75 % des élevages de l’Hexagone bénéficient d’une charte de bonne conduite. Il faut l’expliquer à l’opinion publique en communiquant sur notre métier, indique Michel Larue, éleveur. L’après-midi, à l’issue de cette assemblée, des éleveurs sont allés manifester dans une ambiance bon enfant dans une grande surface de l’agglomération périgourdine  pour sensibiliser les consommateurs sur le sujet. L’opération de sensibilisation a été un succès. 
Au cours de cette réunion, les différents intervenants ont largement débattu des différentes perspectives pour la filière bovine. “Sur le fond, tout le monde s’accorde à dire que chaque élement de la filière doit trouver le moyen d’avoir une juste rémunération qui permette à chacun de vivre décemment, souligne Pierre Delbourg, le PDG de Leclerc Sarlat qui a un rayon traditionnel et un rayon en libre service. Eleveurs, distributeurs et industriels s’accordent aujourd’hui sur un point essentiel : la communication vers le consommateur doit être collective. “Localement, on doit pouvoir travailler ensemble et mettre en lumière les bons exemples”, estime le représentant de Leclerc. 

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