Peste porcine, la Dordogne appelle à la vigilance


Fédération des chasseurs de la Dordogne
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Publication PUBLIÉ LE 29/03/2019 PAR Claude-Hélène Yvard

 Forte de l’expérience passée et acquise sur l’influenza aviaire, la Direction départementale de cohésion sociale et de la protection des populations de la Dordogne, qui englobe les services vétérinaires, préfère prévenir que guérir que d’avoir à gérer dans l’urgence une nouvelle crise sanitaire. Une réunion s’est tenue jeudi après-midi à la DDCSPP, en présence notamment de représentants locaux de la filière porcine, de la chambre d’agriculture, du groupement de défense sanitaire, de la fédération départementale de chasseurs, de parcs zoologiques. Le principal objectif était d’appeler chacun à la vigilance quant à la fièvre porcine africaine, virus sans danger pour l’homme mais dont la survenance d’un seul cas aurait des conséquences graves, notamment économiques.
“La peste porcine africaine est une maladie extrêmement contagieuse qui touche exclusivement le porc et le sanglier. Elle ne présente aucun danger pour l’homme. Chez ces espèces, en revanche, dans sa forme aiguë, elle entraîne une forte mortalité. Il s’agit d’une maladie virale contre laquelle il n’existe ni traitement, ni vaccin,” précise Frédéric Martin, de la DDSCPP. “C’est une saloperie, car la maladie se transmet  non seulement par contact avec un animal malade ou en phase d’incubation mais également par contact indirect avec des déjections animales ou par la consommation de produits à base de viande d’animaux infectés. En effet, le virus résiste très longtemps aux opérations de salaison et de congélation, parfois plus d’un an.”
L’apparition d’un premier foyer sur un élevage porcin français se traduirait par la perte du statut sanitaire et par la fermeture des marchés échanges/exports pour les porcs vivants et les produits alimentaires à base de porcs. Les conséquences économiques sur la filière porcine seraient majeures. “En septembre, la maladie a été détectée en Belgique sur des sangliers à quelques kilomètres de la frontière française On ne connaît pas l’origine de cette contamination. A ce jour, 710 sangliers trouvés morts dans la zone contaminée délimitée par la Belgique se sont révélés porteurs de virus la fièvre porcine et la maladie continue de progresser vers la frontière française,“précise Frédéric Piron, le directeur de la DDCSPP.
En Belgique, comme en France, des dispositions ont été prises pour détecter précocement la maladie par le dépistage par sondage sur des sangliers abattus et pour limiter son extension, notamment par la pose de plusieurs centaines de kilomètres de clôtures de part et d’autre de la frontière, dépeuplement du sanglier dans une zone «blanche » frontalière.

250 éleveurs de porcs en Dordogne

En Dordogne, les services de l’Etat sans alarmer appellent à la vigilance de chacun. Il suffit de restes de sandwich jeté dans la nature et mangé par un sanglier pour qu’un cas survienne. La Dordogne compte 250 éleveurs de porcs (dont 110 élevages en plein air), et 35 élevages de sangliers. Cela représente 180 000 porcs charcutiers et 5000 reproducteurs.
Ces derniers sont particulièrement exposés à un risque de contamination par la faune sauvage. La densité des populations de sangliers sauvages est importante dans le département, malgré les relèvements des plans de chasse et du nombre de colliers. Un évènement sanitaire de cet ordre aurait un impact majeur dans cette espèce. Sur l’ensemble du territoire national, le réseau d’épidémio-surveillance de la faune sauvage « SAGIR » a été ajusté compte tenu de l’actualité du risque sanitaire et permet de surveiller l’éventuelle apparition de la maladie sur des cadavres de sangliers. Les services vétérinaires demandent aux chasseurs, garde chasse, agents forestiers, éleveurs de signaler le moindre cas suspect. A cette surveillance accrue, s’ajoutent un certain nombre de mesures, notamment la déclaration obligatoire pour tout détenteur de porc de se déclarer auprès de l’établissement départemental de l’élevage dès le premier porc, même ceux qui possèdent un cochon de compagnie, l’obligation pour les éleveurs professionnels de mettre en place des mesures de biosécurité dans leur élevage à partir du 1er janvier 2020, l’obligation pour tout éleveur de désigner au sein de son élevage un référent biosécurité qui aura l’obligation de se former à la biosécurité. 

Cette réunion a aussi permis de jeter les bases d’une procédure d’alerte des acteurs et partenaires locaux de la filière par la DDCSPP en cas de suspicion de manière à enclencher rapidement la mise en interdit d’un élevage suspect d’être infecté et de délimiter au besoin des périmètres de surveillance et de protection autour de cet élevage.

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