Méthanisation en Béarn: profession et enseignement agricoles se mobilisent pour son développement


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Publication PUBLIÉ LE 23/05/2018 PAR Solène MÉRIC

La méthanisation c’est la production d’énergie (gaz ou électricité) à partir de la dégradation des matières organiques issues de l’agriculture. Une fois dégradé, le « digestat » sert également d’engrais pour l’agriculture. Les enjeux de la méthanisation se placent alors tant du point de vue individuel que global. La méthanisation permet en effet à l’agriculteur la valorisation de ses effluents (mais pas seulement : les cultures intermédiaires par exemple peuvent également nourrir une unité de méthanisation) via la possibilité d’une autoconsommation sur l’exploitation de l’énergie produite, voire celle d’un revenu complémentaire par la vente de l’électricité ou des gaz issus du processus. Démultipliée sur un ou plusieurs territoires, « La méthanisation répond à des enjeux énergétiques globaux, et à des enjeux environnementaux si on regarde la question des émissions de méthane », souligne François Delage, consultant en environnement et énergie auprès de la Chambre d’agriculture. « Si on ne méthanise pas dans un méthanisateur, le phénomène de méthanisation et donc de production de méthane se fait de toute façon naturellement en extérieur… », synthétise Benoît De Guillebon. Les deux hommes sont d’autant plus convaincus de la nécesssité de développer cette pratique, que « 90% des gisements de la méthanisation proviendront à long terme, de l’agriculture », assurent-ils.

Des projets béarnais qui se comptent sur les doigts de la main
Mais pour l’heure, si on entend ces temps-ci parler du méthaniseur actuellement en montée de charge « Méthalayou », qui s’est monté autour d’une quinzaine d’agriculteurs sur la commune de Préchacq Navarrenx, les projets de ce type se comptent sur les doigts d’une main en Béarn. François Delage liste seulement trois autres projets en cours, à des stades plus ou moins avancés. « Un premier projet à Nousty, porté par 2 éleveurs, vient de clore sa consultation auprès du public et attend la décision du préfet pour se lancer, un deuxième à Prechacq Josbaig, autour de 8 agriculteurs devrait voir son dossier administratif déposé autour du mois de septembre, et enfin il existe un troisième projet qui réunit 7 agriculteurs à Artigueloutan, avec la particularité de récupérer le fumier de l’hippodrome de Pau, mais là encore les procédures sont à leur début. »
Le constat, pauvre, est sans appel. Il faut dire que les limites sont belles et bien là: limite financière surtout; « il n’y a pas de projet à moins d’1,5 M€ », indique François Delage, limite sociétale parfois. « Il faut aussi travailler à l’acceptabilité de ces unités de méthanisation, expliquer notamment au riverain, qu’une fois les effluents dans le méthaniseurs, il n’y a pas d’odeurs particulières », indique Benoît De guillebon.
Détailler les enjeux, les limites (mais aussi leurs réponses), et les exemples telle est bien aussi la vocation du Colloque du 4 juin, organisé au CFA Agricole de Pau Montardon. Si cette journée fait particulièrement le focus sur la méthanisation ( avec des visites de terrain dans l’après-midi sur le site de l’unité de méthanisation du lycée agricole de Vic en Bigorre, puis d’une petite unité de méthanisaton agricole à Villefranque) les autres sources d’énergies agricoles seront aussi évoquées.

“Développer des compétences, c’est développer des atouts pour demain”
Pour Pierre Moureu, Président du comité territorial Béarn de la Chambre d’agriculture, pas de doute, « l’agriculture doit réfléchir à cette question de la production d’énergie sur les exploitations. La Chambre d’agriculture se devait d’amorcer cette réflexion en valorisant ce qui se fait et en contribuant à la formation de personnes qui soient capables de conseiller les agriculteurs dans ce domaine. Développer les compétences sur ce sujet dans le département, c’est développer des atouts pour les futurs agriculteurs du département ».
Une formation qui englobe l’optimisation énergétique au sein des entreprises agricoles dans son ensemble, voilà le cœur de la nouvelle licence pro par apprentissage qui démarre en septembre au CFA Agricole de Pau Montardon. Cette formation, de 12 places, est en réalité intégrée à la licence professionnelle, MEEGC « Métiers de l’énergétique, de l’environnement et du génie climatique » de l’IUT Génie Mécanique de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Sur les 521 heures de formation 40% des cours se feront en commun avec les étudiants de la licence pro MEEGC à l’IUT, et les 60% restant se feront au sein du CFAA de Montardon.
Objectif, selon Marie-Pierre Guinchard, professeur et coordinatrice de cette formation: « aborder les enjeux liés à la production d’énergies renouvelables en agriculture, et apprendre les techniques pour développer, financer et gérer des projets. Une formation, dans laquelle 30% des intervenants seront des professionnels, et qui prévoit également la mise en pratique d’études et diagnostics énergétiques agricoles ou agro-alimentaires grâce à des études de cas réels, et des mises en pratique ». L’alternance, sur un rythme de 3 semaines de cours et 3 semaines en entreprise, permettra aux candidats d’acquérir les compétences professionnelles nécessaires pour mener à bien leurs projets personnels et leur insertion à l’issue de la formation

Formation : Renseignement auprès du secrétariat du CFA au lycée agricole de Montardon ou sur le site internet du CFAA64 www.cfaa64.com , ainsi que sur le site de l’IUT de Génie Thermique à la rubrique licence pro MEEGC. http://iutpa.univ-pau.fr

Colloque du 4 juin 2018: « Energie et agriculture » organisé au CFAA 64 Pau Montardon
Renseignement secrétariat CFAA 64 : 0559331289
Infos et programme : http://iutpa.univ-pau.fr et reservation en ligne: ici

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