L’extraordinaire tour du monde d’Opaline Lysiak et ses Agron’hommes vu par son amie Mathilde


Mathilde Astier
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Publication PUBLIÉ LE 27/08/2018 PAR Mathilde Astier

Opaline sillonne le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, comme elle, sont passionnés par l’agriculture et ne sont résolument pas décidés à baisser les bras devant les fortes dérives de ces dernières années. En observant par exemple la réussite de l’agroécologie paysanne en Roumanie, ou encore les démarches d’agriculteurs qui restaurent les paysages dégradés par le surpâturage en Afrique du Sud, on peut légitimement se laisser surprendre par l’absurdité de ces dérives. Comment sommes nous parvenus à nous détacher si fortement des principes fondamentaux, voire primaires, de l’agriculture, qui sont l’ancrage des pratiques dans les cycles naturels et le respect de l’être humain qui la produit et surtout qui s’en nourrit ? Nous oublions souvent la véritable valeur de notre alimentation, dont notre santé dépend pourtant, et qui ne nous ferait pas l’honneur de tomber dans notre assiette sans le dur labeur d’hommes et de femmes et sans le maintien d’une terre vivante. De pays en pays, Opaline, met en lumière ces personnes qui se retroussent les manches pour se reconnecter à la nature et aux autres. Elle crée ce fil rouge où il suffit de s’accrocher pour renforcer les lignes. Un réseau qui ne cesse de s’enrichir pour « une mondialisation des idées vers une relocalisation de l’alimentation».

Le bagage d’Opaline…

Opaline partage son amour pour la nature, pour le sol et pour l’humus au fil des exploitations visitées. Planter, désherber, biner, récolter …plonger les mains dans la terre pour sentir la vie qui se déroule sous nos pieds. Avec un ver de terre comme symbole du projet, elle part à la chasse à la fertilité. Quelles sont les différentes stratégies adoptées par les agriculteurs aux quatre coins de la planète pour faire de leur sol une véritable terre nourricière ? Agriculture biologique, agroforesterie, cultures sans labour, agriculture naturelle, agriculture de conservation … Opaline le sait bien, il n’existe pas de recette magique. La gestion holistique décryptée en Australie et en Nouvelle Zélande, souligne cette démarche : il faut savoir observer, écouter, comprendre son environnement pour être capable d’adapter son système agronomique. Le parcours des Agron’hommes n’est pas construit au hasard : il expérimente une diversité de contextes naturels, climatiques, culturels, politiques et sociaux qui entrainent inéluctablement une grande diversité de réflexions chez les agriculteurs. Avec les kilomètres parcourus, le bagage d’Opaline ressemble de plus en plus à une véritable bibliothèque de pratiques qu’elle ne se prive pas de communiquer. Sait-on jamais, cela pourrait insuffler de bonnes idées.


Opaline explore de multiples pratiques pédagogiques pour venir enrichir son parcours d’enseignante en lycée agricole : le concept des Folk High School en Pologne et au Danemark, l’éducation intégrale à Auroville en Inde, les différentes approches des lycées agricoles en République Tchèque, à Madagascar ou encore au Japon… Comment enseigner l’agroécologie, certes, mais aussi comment rendre les élèves heureux ? Comment leur transmettre cette passion d’apprendre ? Comment éveiller leur curiosité pour leur donner envie d’aller toujours plus loin ? Il est indispensable de construire l’être humain avant de construire l’agriculteur. En voyageant et en construisant des outils pédagogiques, au fil de ses expériences, Opaline montre à ses élèves que le monde ne s’arrête pas aux portes de leur lycée. L’agriculture est un enjeu mondial qui les concerne tous. Ils ont un rôle à jouer, qui commence d’ailleurs peut être déjà dans les fermes qui les attendent pour des stages aux quatre coins du monde. «  Dis et j’oublie, montre-moi et je retiens, implique-moi et je comprends » 

Une année grisante

Une année grisante qui n’est pas de tout repos. Opaline se retrouve en permanence au cœur d’un cocktail d’émotions sollicitées au gré des rebondissements, des déconvenues, des surprises, des rencontres… Retrouver sa place dans un environnement changeant constamment est une épreuve à part entière qu’elle ne sous-estime pas. Elle sait mettre sur pause. Se reconnecter à la nature. Prendre conscience de tout son corps. Savourer le moment présent. Réveiller ses sens. Et respirer.

Quel plaisir de humer les fèves de café torréfiées, de tourner la manivelle du moulin pour écraser les grains, de regarder l’eau chaude traverser le filtre goutte à goutte… Un rituel sacré dont Opaline ne saurait se passer avant de déguster le précieux breuvage encore fumant. Un rituel qui est universel, tout comme l’épanouissement de tous les agriculteurs de la planète à servir au mieux un même dessein : récolter la lumière pour produire de la nourriture. Un rituel qui redonne un coup de fouet, tout comme l’énergie transmise par ces personnalités inspirantes qui poussent toujours à aller de l’avant. Un rituel qui crée un espace de convivialité privilégié où les idées germent, se combinent, se transforment. Où les opportunités se dévoilent. Où l’on se sent pousser des ailes. C’est en restant à l’écoute et en faisant confiance qu’Opaline a su faire évoluer son projet pour lui donner plus d’ampleur et de pertinence. Au départ focalisé sur la construction d’outils pédagogiques autour de l’agroécologie, il s’est naturellement transformé en réseau d’agriculteurs prêts à accompagner des étudiants pour devenir des « agron’hommes ». D’autres profils sont ensuite venus le renforcer : professeurs, étudiants, journalistes, agriculteurs… citoyens du monde entier… L’engouement se propage. Il est un incroyable carburant à idées. Nous pouvons donc en être sûrs : les ailes d’Opaline n’ont pas fini de pousser.

A lire, mercredi, la première des Chroniques des Agron’hommes avc le reportage d’Opaline Lysiak au Danemark

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